mercredi 8 avril 2009

Garder la mémoire

La vraie vie se révèle parfois plus incroyable que le plus habile des scénarios de cinéma. Mais les événements se diluant dans le temps, elle se lisse et peut apparaître linéaire et sans aspérité. Les détails s'estompent. Et pourtant, l'existence est longue et fourmillante d'anecdotes. Pourquoi ne pas léguer la vérité de son parcours aux enfants et petits-enfants, raconter l'inimaginable : la vie d'avant.

Parce que l’on ne peut pas se tenir tranquille. Les hommes, et les femmes, sont des enquiquineurs hyperactifs, que la tranquillité effraie. Nous aimons couper les cheveux en quatre, et raconter cette action par le menu à notre entourage. Nous montons en épingle les micros événements, nous nous occupons avec la météo, alors que nous pouvons rester très discrets sur nos actions d’éclat. Parfois, nous perdons de vue l'essentiel. Nous vivons un paradoxe permanent, nous multiplions les malentendus. Notre histoire est alors réinterprétée, voire réinventée, faute d'informations concrètes.

Le récit lève le voile, révèle ce qui doit l’être, replace les actions et les sentiments dans leur contexte. Comment comprendre des faits passés, admettre des comportements, ressentir la fierté d’appartenir à telle lignée, quand les détails manquent ?

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